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lundi 23 juin 2014

Voyage dans l'espace avec Still Charon


Le duo limougeaud Still Charon compte déjà deux EP, HΩME (sorti l’année dernière) et Paved & With Good Intentions qu’ils viennent de partager gratuitement sur bandcamp. Leur musique mêle des mélodies aussi pop que psychédéliques, un son tantôt rugueux, tantôt gracile, le tout magnifié par la voix magnétique de Camille (ex Mountebank). Au petit jeu des références on peut tout aussi bien déceler certaines égratignures lo-fi propre au garage-rock moderne, qu'une décontraction façon indie-rock nineties ou encore un savoir-faire pop ancestral. Pourtant leur musique semble irréductible à ces simples étiquettes. En fait Still Charon ne fait rien d’autre qu’écrire de belles chansons et c’est déjà beaucoup.

On vous rappelle également que vous pouvez les retrouver sur l'excellente compilation Songs Of Nothing 2 du collectif Nothing.

   

Inspirés par leur nom qui fait référence à Charon, la lune de Pluton, on a demandé à Camille et Florian de concocter une playlist qui soit un vrai voyage intergalactique :

"L'espace, comme la nature, est un lieu infini et inconnu, propice à la contemplation et à la rêverie, une source intarissable d'inspiration pour les expérimentations musicales en tout genre. À un tel point, que le rock psychédélique ne va pas sans son petit frère le Space Rock.

L'image est vraiment bien choisie, puisqu’à l'évocation du genre on imagine déjà la reverbe infinie rouler-bouler dans l'espace comme Sandra Bullock dans Gravity; une sorte de Great Gig In The Sky qu'ils disaient, avec des technologies et des civilisations extraterrestres."

Spacemen 3 "Starship"
Tout est dans leur nom, un esprit qu'on pourrait résumer ainsi : taking drugs to make music about space to take drugs



Spiritualized "Ladies and Gentlemen We're Floating Into Space"
Jason Pierce, variation sur le thème.



Warlocks "He Looks Good in Space"
Depressing space song



Hawkwind "Space Is Deep"
Hawkwind inventeur de la space épopée avant George Lucas.



Robert Wyatt "Alien"
Prends ton ticket pour Venus



Slowdive "Soulvaki Space Station"
We are travelling at warp speed



Pink Floyd "Astronomy Domine"
Shiny Diamond synesthésique de Syd Barret gravitant autour de Jupiter Saturne Oberon, Miranda, Titania, Neptune Titan.



Yo La Tengo "Superstar Watcher"
Contemplation melody



Galaxie 500 "Leaving The Planet" 
You said that I could bring my guitar, you said it's time to leave the planet [...] time to leave the capsule if you can ?


Propos recueillis par Punching Joe  

mardi 25 février 2014

Dusty Mush chez les dingos

Maxime Verret



Il y a presque un an, nous vous parlions des Dusty Mush ici même. À l’époque les fripouilles de Melun commençaient à peine à ramener leur fraise du côté de la capitale. Aujourd’hui le trio passe à la vitesse supérieure : leurs concerts sont désormais de vraies expériences hypnotiques et ils s’apprêtent à sortir leur première galette (après deux k7). Un EP chez Howlin’ Banana qui va servir de rampe de lancement pour le LP prévu au cours de l’année. Histoire de fêter dignement cette sortie, on leur a demandé de réaliser une playlist "les chansons pour se faire interner", sur le thème, vous l’aurez compris, de la folie, de la maladie mentale. Thème sur mesure, pour un groupe qui, au-delà des sonorités garage et punk, nous transmet une énergie indéniablement tourmentée et hallucinée. Voici ce qu’ils nous ont concocté :


Bienvenu dans notre programme d’aide à l’internement forcé. Toute résistance aux différentes phases du processus serait futile


Phase initiale : diffusion de fréquences produites par des patients présentant déjà un désordre mental prononcé.

Patient #1: GG Allin
Le patient semble être atteint du syndrome de la Tourette et de troubles mentaux complexes entraînant des périodes de nudité, d’automutilation et de déviance sexuelle.


Patient #2: Darby Crash
Chanteur du groupe The Germs. Incapacité à monter sur scène sans prise excessive de substances illicites afin de ne pas sentir les violences physiques reçues lors de ses prestations.


Patient #3: Nick Blinko
Leader du groupe Rudimentary Peni, hospitalisé pour trouble schizo-affectif.



Résultats de la phase initiale :
Vous semblez bien réagir au programme, les premiers signes apparaissent : hyperactivité, trouble de la répétition.





Phase intermédiaire : injection au patient de substances inconnues.

Substance #1 : Drogue électrique
Le sujet répond positivement à l’injection, ce dernier pense avoir un troisième œil.


Substance #2: Robitussin
Perte de cohérence du patient, il ne semble plus être en mesure de jouer correctement de la guitare de type électrique.



Résultats de la phase intermédiaire :
Vous semblez reconnaître votre folie naissante. Encourageant.





Phase finale : séances intensives d’électrochocs.

Séance #1: Fuzz hallucinée en intraveineuse.
Le patient prend peur. Augmentation de la dose. Acidité de la fuzz à son maximum.


Séance #2: Batterie sur-vitaminée.
Le sujet éprouve tour à tour excitation et sommeil profond.




Toutes mes félicitations, vous avez survécu au programme. Vous êtes prêt à être interné.

Profitez de votre nouvel état mental :


Propos recueillis par Punching Joe

lundi 10 juin 2013

Maria False-Death/Mary 7”


Il y a quelques jours on parlait du premier EP de future, un duo parisien adepte des sonorités shoegaze. Le groupe fait partie de l’excellent collectif Nøthing, qui rassemble d’autres formations au goût prononcé pour les mélodies noires et les ambiances vaporeuses. On y retrouve également : The Name Of The Band, Venera 4, Saintes, DEAD et Maria False. Aujourd’hui on s’intéresse à ces derniers qui viennent tout juste de sortir un 45 tours chez le Turc Mécanique.


Maria False n’en est pas à son coup d’essai puisqu’ils avaient déjà enregistré un EP l’année dernière, Artefact, caractérisé par un shoegaze violent et puriste, qui réhabilitait les guitares nucléaires. Sur ce 45 tours la formule n’a pas changé et le quatuor s’applique une nouvelle fois à tout raser sur son passage. Complémentaires, les deux chansons "Death" et "Mary" ne font presque qu’une, déployant ce fameux mur du son où seules les voix surnagent.

A noter que le Turc Mécanique a apporté un soin tout particulier à cette sortie au tirage très limité. Les titres de Maria False sont en effet gravés sur un superbe vinyle transparent. Une autre édition, malheureusement déjà épuisée, avait même été agrémentée d’une pochette psychédélique cousue main. Une jolie manière de militer pour ce format si attachant.
Punching Joe



mardi 14 mai 2013

future-Abyss EP

Si le garage français se porte on ne peut mieux ces temps-ci, les amateurs de saturations vaporeuses ne sont pas en reste grâce à une belle scène noise/shoegaze qui s’étoffe de jour en jour. On discutait il y a peu avec les Dead Mantra, mais on peut citer également des groupes comme Venera  4, Maria False, Dead Horse One, ou même feu Mountebank. Ici on s’intéresse au duo future, qui vient de sortir son premier EP : Abyss.


Dès "Skylights", future définit un périmètre d’action bien précis : ambiance glaciale, guitares brumeuses, boite à rythme martiale et chant lancinant. Le terrain est familier, un peu trop d’ailleurs et le morceau peine à se détacher de la filiation évidente qu’il entretient avec le son des New-Yorkais d’A Place To Bury Strangers…au point d’en devenir prévisible voire inoffensif.

Les trois autres chansons sont autrement plus cramées et dévoilent tout le potentiel de future. "Citizen" d’abord, sorte de transe rythmique transpercée par des nappes noise nocives. "Now", ensuite, qui  balance une grosse ligne de basse façon Pixies, idéale pour bâtir un mur des lamentations sonique où quelques esprits torturés viennent se recueillir. C’est clairement dans l’obscurité que future trouve le mieux ses marques et, malgré son titre mensonger, le dernier morceau "Colors" ne fait que confirmer les penchants dark du duo. Rencontre entre la répétitivité aliénante de Kraftwerk et l’électro droguée de Spectrum, ce final est un joli moment d’abandon sensoriel. Face au vide, il reste future.
Punching Joe

mercredi 24 avril 2013

Dusty Mush, Pain Dimension : Melun Connection

Si vous vous baladez un jour du côté de Melun, vous croiserez peut-être, au détour d’un skate park, des jeunes gens qui vous parleront reverb, Back from the grave et Thee Oh Sees. Il s’agira probablement des membres de Dusty Mush et Pain Dimension, groupes locaux qui, entre deux kickflip, explorent les routes sinueuses d’un garage-rock sale et saturé.


L’année 2013 débute en trombe pour les Dusty Mush qui viennent de sortir deux K7. La première est un split en compagnie des Sud-Africains the Future Primitive, publié par le label américain Cheap Miami. Sur leur face, les Dusty Mush envoient un garage primitif et angoissant, porté par une rage toujours contenue. La tension est déjà palpable sur "Space Cat" et "Boogie Bogger" mais c’est grâce à "Cowboy Express" qu’elle s’exprime pleinement, dans une superbe chanson flinguée qui enrhume le cerveau. Cheap Miami a également réédité la première K7 du groupe (tirée à 15 exemplaires en 2012), agrémentée de deux nouveaux titres. On retient notamment de la face A "Tom Pitt’s Acid Trip", soit quatre minutes de déglingue sous anxiolytiques. La face B, elle, met en avant une très cool reprise de "Yeah" des Alarm Clocks.


De son côté Pain Dimension célèbre sa première sortie physique, une K7 trois-titres faite maison et tirée à 30 exemplaires. L’enregistrement dévoile tout le potentiel du jeune groupe qui s’avère capable de jouer sur plusieurs registres. "I’m a dreamcatcher" plaque un gros riff façon early-Black Keys tandis que "Seven Fingers Hand" éructe un garage maladif et grinçant. Mais c’est avec "Vacuum Head" qu’ils surprennent le plus en livrant une jolie balade cauchemardesque. Tout comme leurs potes Dusty Mush, les Pain Dimension se tiennent prêts à répandre leur fougue de banlieusards enragés à qui veut bien l’entendre.


Punching Joe

-N'hésitez pas à explorer les pages bandcamp des groupes et à vous procurer leurs cassettes : Pain Dimension et Dusty Mush.
-Pour en savoir plus sur eux, une seule solution : écouter Yummy, Radio Campus Paris.

jeudi 14 février 2013

Le Chômage-s/t LP

On sait finalement peu de choses de la Grande Triple Alliance Internationale de l’Est, cet agglomérat hétéroclite de groupes qui, depuis près de dix ans, sillonne les ténèbres du rock’n’roll. Et c’est peut-être aussi bien d’en rester au mythe, de fantasmer sur les noms de Phil Scrotum, Seb Normal ou Thurston Mourad, et d’être hypnotisé par ce fameux totem, une croix à trois branches parce qu’"on est de Gaulle et Jésus réunis." Côté groupes, difficile de dresser une liste exhaustive, mais on citera tout de même, pour les plus connus, Feeling of Love ou Cheveu et pour les plus confidentiels, the Dreams, AH Kraken, Ventre de Biche, Delacave, 1400 point de suture et Sida. Un florilège de noms géniaux dans lequel on a pioché Le Chômage qui a sorti son premier LP à l’automne 2012.

moche by sebnormal

Le groupe se fond parfaitement dans le moule de la secte en mettant en avant un univers déviant et malsain. Un rapide coup d’œil à la tracklist met la bave aux babines avec des titres comme "Moche", "Hémorragie", "Traître" ou encore "Amour Légionelle". Le délire se confirme dans les chansons de Chômage qui joue un post-punk glacial fleurant bon les cages d’escalier d’un hôpital psychiatrique hanté. Emmené par une basse taillée dans l’acier (tenue par Seb Normal, batteur de Feeling of Love) le quatuor développe toute sa personnalité sur les titres les plus longs. "Hémorragie" lance la machine dans le sang et les hurlements, suivie par la noise "Moche", sublimée par des paroles mémorables ("une embrouille toute foireuse où tu prends un coup de surin […] une soirée d’amoureux où ta meuf baise tes copains"). "Dorniek" ligote ensuite l’auditeur dans une cave humide et noire pour l’agresser avec sa batterie hystérique. A peine le temps de retrouver son souffle que le diptyque "Fanfare/Traître", toujours plus cramé et inquisiteur, nous plonge dans l’antre de la folie où nous attend "Amour Légionelle" qui se charge de nous faire enfiler une camisole de force. Plus fucked-up tu meurs. A l’Est, le renouveau.
Punching Joe
L'album est en écoute intégrale ci-dessous.
Le site de Grande Triple Alliance Internationale de l’Est.

vendredi 25 janvier 2013

Bikini Gorge-Stranded



Découverts dans l’ambiance enfumée par les effluves de frites fraîches de l’Armony à Montreuil (le meilleur rade d’Ile de France), les Rennais de Bikini Gorge viennent de sortir un premier 45 tours chez les excellents Nantais de Kizmiaz Records.


A l’intérieur de ce duo guitare/batterie on note la présence de Charles, la moitié des fêlés Combomatix. Sans surprise, on retrouve donc cette même envie d’une musique primaire et corrosive, plus guidée par le rythme des pulsations sanguines que par les inflexions de l’esprit. Leur concert à l’Armony était d’ailleurs une belle démonstration de radicalité garage, éloignée de toute pose.

Stranded est un excellent EP qui confirme les impressions live puisque le groupe ne perd pas son côté instinctif et on ne peut s’empêcher de rapprocher leur garage rêche de celui des Gories de Mick Collins.
Punching Joe

dimanche 23 décembre 2012

Interview : Mesa Cosa

Pour leur dernière sortie les français de Casbah Records sont allés jusqu’aux Antipodes pour dénicher le groupe australien Mesa Cosa. Un choix cohérent puisque le son dévastateur du sextette basé à Melbourne est en parfaite adéquation avec le label qui arbore comme logo un rhinocéros à la charge. Sur Infernal Cakewalk les Mesa Cosa n’y vont pas par quatre chemins : poussées dans leurs retranchements, les guitares posent d'emblée les bases d’une orgie sonique qu’on imagine, dès l’intro de "666", bien salasse. Mais c’est sans compter sur l’arrivée d’un saxo diabolique, hurlant à la mort, et, cerise sur le gâteau, d’un chant en espagnol totalement possédé. En l’espace de dix titres Mesa Cosa éructe des hymnes garage-punk à la gloire du diable et de la mort, avec tout le détachement et le fun hérités de leurs ancêtres sud-américains (d’ailleurs Infernal Cakewalk se clôt sur une reprise de Los Saicos). Pour saluer l’excellente initiative de Casbah qui a réédité en vinyle ce disque dingo, on a posé quelques questions à Pablo, le leader d’origine mexicaine de Mesa Cosa.

   
     Comment est né Mesa Cosa ?
J’étais dans un festival et je suis allé voir une diseuse de bonne aventure qui m’a dit de faire un groupe, alors je l’ai écoutée. On a commencé à former le groupe autour de Stewart (tambourins), un ami de longue date, et moi. On a tout de suite adoré le truc organique qui s’est dégagé. Une fois le line-up en place, un saxophoniste est venu se greffer (Llod), il se pointait à pas mal de nos concerts, jouait même avec nous, alors il est devenu un membre officiel. On est basés à Melbourne mais en fait personne n’est vraiment originaire de la ville, on s’est juste rencontrés là bas.

     Quelle est l’histoire de ce Infernal Cakewalk ?
C’est assez basique, on voulait faire des chansons fun et qui font du bruit, histoire d'avoir une excuse pour gueuler tout le temps. On a la chance d’avoir une maison où l’on peut jouer jusqu’à très tard dans la nuit, alors on a commencé à jammer et des chansons sont nées. Ensuite on a économisé de l’argent et on a enregistré tout ça dans le salon, en une journée.

     Pourquoi cette référence à Méliès dans le titre du disque ?
C’est marrant : une nuit je regardais des vidéos sur youtube et je suis tombé sur Infernal Cakewalk de Méliès. J’ai remarqué que le film fonctionne sur le même tempo que notre chanson "666", j’ai alors assemblé les deux et ça a donné le clip. De plus, j’adore tous les symboles, l’univers fantasmagorique et les représentations du diable chez Méliès, on s’est dit que ça serait une bonne idée d’intituler notre disque comme ça.

   
     Comment avez-vous rencontré les français de Casbah Records ?
Je crois que je leur ai envoyé un message une nuit où j’étais défoncé (peut-être la même où j’ai trouvé le film de Méliès) et puis j’ai complètement oublié. Sauf que deux mois plus tard ils m’ont répondu : "ok, on va sortir votre disque",  ça a été un choc !

     C’est important pour vous de le sortir en vinyle ?
Oui, je trouve que c’est un objet qui laisse une véritable trace. Aujourd’hui c’est trop facile de perdre, d’oublier, la musique avec les autres formats. Le Cd c’est fragile, les cassettes c’est chiant…le vinyle c’est le top. En plus on a la fierté de pouvoir dire "on a fait ce truc".

    Jay Reatard a dit un quelque chose comme : "Je peux faire des trucs pop quand je suis en studio, mais une fois sur scène c’est la guerre." Avec vous il semble que ce soit la guerre aussi bien sur scène qu’en studio, d’où vous vient toute cette puissance, cette hargne ?
On a formé ce groupe avec l’idée d’être authentiques. Je vois trop souvent des mecs qui se la pètent, qui essayent à tout prix d’être cool, je trouve ça chiant. Je me suis dit que six mecs qui hurlent dans des micros peuvent être meilleurs que tout ça, et c’est ce qu’on fait. Tu ne peux pas mentir avec l’énergie. Les gens veulent aussi de cette énergie quand ils viennent te voir. Etre capable de leur en mettre plein la gueule et de leur faire oublier un temps leur vie, leurs problèmes, en s’amusant, c’est bien. Voilà, si je devais résumer Mesa Cosa en quelques mots je dirais : de l’énergie, de l’honnêteté, de l’excitation, du bruit, du bordel, du fun.

     

     Qu’est-ce qui te plaît tant dans le garage sud-américain ?
Tout ! J’aime la langue, les symboles utilisés, le son est sale, rêche, granuleux, bref, c’est quelque chose d’unique.

     Dans ta bouche, l’espagnol résonne vraiment comme une langue taillée pour le rock’n’roll…
Oui, il n’y a rien de mieux ! C’est des sons vraiment cool, du genre "moe sta-ca-ta-ma-cha-os". C’est fun à chanter et c’est surtout très rythmique, ça me plait beaucoup.

     Vous reprenez "Alcatraz" des Saicos, pourquoi ce groupe ?
C’est un groupe vraiment incroyable, toutes les chansons sur leur disque sont géniales. Ils ont vraiment un son particulier, un peu brumeux, sale et sombre mais aussi très mélodique. Je pense que c’est un groupe indispensable qui a eu beaucoup d’influence.

     Quelles sont alors vos grandes références ?
Je réponds toujours de la même manière : The B52’s et Los Saicos. Après il y a plein d’autres groupes que l’on adore : JC Satan, Wau y Los Arrrghs, the Zoobombs, Ty Segall, thee Oh Sees, Black Sabbath, Spaceman 3, Molotov, Beastie Boys, Brian Jonestown Massacre, etc. Mais les deux incontournables ça reste B52’s et Los Saicos.

     

     Vous utilisez un saxophone alors que les cuivres sont de plus en plus rares dans le revival garage, pourquoi ce choix ?
En fait ce n’est pas trop un choix ! On a rencontré notre saxophoniste à des fêtes, on était défoncé, on prenait des acides et on faisait des concerts vraiment bruitistes. Ça tombait bien, il adore tout ce qui est noise, il adore le métal, du coup au fur et à mesure des concerts avec lui on l’a intégré au groupe. Ça fonctionne bien.

     Dans vos textes vous êtes obsédés par le diable, l’enfer, la mort …
La mort et le diable sont des concepts que j’adore manipuler, ce sont des sources inépuisables d’idées et de symboles. Par exemple si l’on se place dans la perspective mexicaine, là bas les diables sont colorés, il y en a des bons, des mauvais. Pareil pour la mort, on peut la célébrer, se moquer d’elle. On évoque aussi parfois des choses plus légères, avec Dieu, Marie, etc. Ça me plaît vraiment de parler de tous ces trucs cosmiques, tribaux, mystiques, c’est beaucoup mieux que de chanter sur les filles.

     Qu’est-ce qu’on pense de Mesa Cosa en Australie ?
Justement je pense que les gens ne savent pas trop quoi en penser pour l’instant, on est un peu insaisissables. Mais ça s’améliore de semaines en semaines j’ai l’impression, ils s’habituent à notre manière de jouer, dure et en hurlant tout le temps. Mais je comprends qu’il puisse falloir du temps à apprécier des mecs qui gueulent des trucs sur le diable en espagnol.

     Il y a une scène incroyable à Melbourne, t’aimes vivre là bas ?
La scène musicale de Melbourne est juste dingue, il y a presque trop de bons groupes, à tel point que la compétition est acharnée. Il y a quand même pas mal de branleurs aussi, qui jouent à "qui sera le plus cool" avec tout ce que ça peut avoir de cynique, parce qu’il faut dire qu’à Melbourne c’est très facile de jouer, alors il y en a qui ne se foulent pas trop. Mais bon la plupart ce sont des groupes super comme Midnight Woolf, Baptism of Uzi, The Murlocs (en écoute ci dessous), King Gizzard, Royston Vasie, Damn Terran, ScotDrakula, et beaucoup d’autres.

   
     Quelles sont les meilleures conditions pour écouter du Mesa Cosa ?
En live, je dirais : bourré, un peu défoncé, dans une petite salle tard dans la nuit, avec plein de monde et un ampli cassé.
Le disque : au casque, vraiment défoncé et les yeux fermés.

     Vous semblez appliquer le “rock’n’roll way of life”…
Haha, ouais carrément !

     Vous allez tourner en dehors de l’Australie bientôt ?
On en a très envie ! On aime beaucoup la France et on adorerait venir et par la même occasion aller en Espagne et en Allemagne. On en a parlé avec Ben de Casbah Records, si on a assez d’argent une tournée est envisageable mi-2013 sinon il faudra attendre début 2014.
Punching Joe

Pour continuer :

-L'interview en anglaisFor english readers
-Le site de Casbah Records
-Une chronique complète de Infernal Cakewalk
-A noter que la pochette de Infernal Cakewalk (ci-dessous) a été réalisée par CM Ruiz qui avait déjà travaillé avec Davila 666 et Dead Ghosts et que le disque a été masterisé par l'omniprésent Mickey Young des Eddy Current Suppression Ring.

jeudi 13 décembre 2012

Interview : Jaromil Sabor


En explorant les souterrains du rock français, le label Close Up est devenu un défricheur de nouveautés en qui nous avons une confiance presque aveugle. Sudden Death of Stars, the Space Padlocks, Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa, les Rivals, voici quelques super groupes découverts grâce à une sortie sur le label parisien. La dernière signature en date : un certain Jaromil Sabor qui débarque avec son premier LP Marmalade Sculpture. Sous ce patronyme référencé se cache le projet solo de Loïk, un jeune homme originaire de Bordeaux que l’on a pu écouter au sein des Artyfacts, ou aujourd’hui avec Arthur Pym & the Gordons. Loin de l’esprit garage de ces derniers, Jaromil Sabor s’oriente vers des sonorités plus acoustiques, où la part belle est faite aux mélodies bricolées et aux arrangements lo-fi. En résulte des chansons intimistes mais aux sonorités luxuriantes, qui peuvent, par exemple, rappeler la sensibilité feutrée des travaux de Phil Elverum ou la magie des productions solo de Tim Cohen. Surpris par tant d’inventivité et par tant de maturité, on a voulu en savoir plus sur son auteur.  



     C’est une idée de longue date ce projet solo ?
Pas vraiment. Ça s’est mis en place assez naturellement en fait. Cette année, je vais beaucoup voyager. Ça fait quatre mois que j’habite à Berlin et je pars vivre au Canada à partir du mois de février. Avec Arthur Pym & the Gordons on est donc contraints de faire une parenthèse d’au moins un an et moi je voulais vraiment continuer à faire de la musique : enregistrer, mais aussi faire des concerts.

En parallèle, ça fait plusieurs années que j’enregistre des trucs de mon côté, qui ne s’intègrent pas forcément aux différents groupes dans lesquels je jouais. J’ai regroupé un peu tout ça, j’ai fait le tri et je me suis dit que c’était un bon point de départ pour entamer un nouveau projet, d’en faire un album. Puis, j’ai mis en place un set à jouer sur scène et voilà comment ça a commencé.

     Qu’est ce que tu retiens de l’expérience Artyfacts ?
Beaucoup de choses. Tout s’est passé très vite en fait, donc, pour moi, les véritables enseignements de cette expérience ont été tirés après coup, le temps que ça s’intègre et se digère. Quand on s’est rencontrés avec Tonio, qui était chanteur dans le groupe, on s’est très vite retrouvés en bonne harmonie, quand on écrivait des morceaux ensemble et aussi quand on pensait au devenir des Artyfacts. Et puis, un peu miraculeusement, tous ces petits objectifs se sont réalisés. Il y avait un côté assez merveilleux.
Tout ne s’est pas terminé de la meilleure façon, c’est sûr, mais je garde le souvenir d’une période géniale. C’est une période où j’ai rencontré beaucoup de gens qui m’ont marqué, je me rappellerai de tout.

Je retiens aussi qu'on a été portés haut par la presse "grand public", et en parallèle, parce qu’on n’avait pas forcément une étiquette underground ou garage, on était pas mal décriés par des gens se réclamant plus puristes. Mais on ne faisait pas du tout ce son pour se vendre, simplement à cette époque, même si ce n’était pas forcément quelque chose de "cool" à revendiquer, on écoutait Springsteen, les Beach Boys et les Zombies. Donc ce son-là, on l’avait choisi.
Ça m’a permis de prendre plus de recul par rapport à la réception. Particulièrement avec Jaromil Sabor d’ailleurs, qui ne rentre pas du tout dans le carcan grunge-garage-punk en vogue actuellement.


     Tu peux nous parler de ton groupe, Arthur Pym & The Gordons ?
Le groupe est né à peu près un an après avoir quitté les Artyfacts, j’avais envie de recommencer à faire de la musique. Donc on a commencé à jouer avec Paul, le bassiste tout nu sur la pochette. Il avait écrit une chanson assez garage, "Idaho Massacre", et on l’a enregistrée. L’association Bordeaux Rock organisait un concert deux mois plus tard et nous a proposé d’y jouer. On s’est donc mis en quête d’un deuxième guitariste et un batteur et on a tout de suite trouvé Gaspard et Hector.
Ce qui est super, c’est que tous les quatre on n’écoute pas vraiment les mêmes groupes. Ça pose des petits soucis parfois, parce qu’on ne veut pas forcément tous aller dans le même sens mais ça me permet de jouer des morceaux que je serais incapable d’écrire tout seul. Du coup j’assimile de nouveaux codes musicaux et je peux enrichir ma palette de composition. On est vraiment potes, on se voit tous les jours et on s’amuse à chaque concert. Je pense que ça se voit et que ça joue en notre faveur. On est avant tout là pour les trois autres du groupe et on s’amuse avec nos potes qui sont là. On n‘est pas là pour crier "Est-ce que vous êtes là ce soir ??", en gros. Ici à Berlin, par exemple, où je fais tous mes concerts en solo, ça me manque d’avoir des gens avec qui je suis hyper content de jouer sur scène.

     Vous avez des trucs prévus pour bientôt ?
On n’en a pas encore parlé et Gaspard est parti au Canada cette année. Mais si on se retrouve tous les quatre à Bordeaux l’année prochaine, c’est certain qu’il y aura une suite. De toute façon, on est tellement bons amis que c’est une sorte de groupe éternel je pense et tant qu’on sera dans la même ville, on jouera ensemble. Il y a plein de morceaux qui ne sont pas enregistrés, on pourrait donc envisager une suite au 45t sorti l’année dernière, si tout le monde est partant.



     Tu peux nous parler des références qui se cachent derrière ce nom, Jaromil Sabor ?
Les références sont très mal cachées. Elles sont même assez évidentes. C’est un mélange entre Kundera et Hergé. J'aime bien ce côté jeu de mots très foireux et maladroit, dans le genre "fausse bonne idée", qui annonce l'esprit des enregistrements : un peu bancals et plein de défauts techniques. Surtout, je trouve que ça enlève beaucoup de prétention à la démarche de faire un projet solo. Tu ne peux pas trop te la péter quand tu t’appelles Jaromil Sabor, ou faire une pochette où t’as des lunettes de soleil sur une Harley.

     Quelle est l’histoire de Marmalade Sculpture ?
C’est le regroupement de 11 chansons que j’ai enregistrées au cours des trois dernières années. Le titre est en référence à une chanson des Wave Pictures. Les morceaux les plus anciens ("Cotton Fields", "Oh! Still Time", "Hunting You Down") ont été enregistrés début 2009 au commencement d’Arthur Pym. Les derniers ("Raindrops", "Guilty Love Pleasures", "Movin’ Out") ont eux été enregistrés en mai dernier. Sur presque tous les morceaux, il y a un invité qui joue. Chacun des membres d’Arthur Pym est dessus, le batteur des Artyfacts, les Magical Jumblies Club. En bref, tous mes amis proches font une apparition. Ce n’est pas du tout un concept, ou quelque chose qui était prévu à la base. Je m’en suis rendu compte au moment de faire les comptes et je suis très content d’avoir fait participer tout le monde.
Le tout a été "post-produit", c’est-à-dire masterisé et surtout lissé, par The Rest of Alfredo Garcia. C’est lui qui avait produit l’album des Artyfacts et le single d’Arthur Pym. C’est quelqu’un avec qui je suis très fier de pouvoir travailler et dont je me sens proche. J’ai une confiance énorme en lui parce que je sais qu’on parle la même langue et qu’on voit souvent la même chose dans la musique, même si c’est parfois à travers des prismes différents.

     Le son acoustique de cet album tranche avec ce que tu peux faire en groupe. Pourquoi te tourner vers de telles sonorités ?
En fait, c’est plutôt ce que je fais avec Arthur Pym & the Gordons qui tranche beaucoup avec les sonorités qui me viennent naturellement. Et ça c’est dû au fait de jouer avec Paul, Hector et Gaspard. Tout comme eux doivent trouver un côté plus pop que s’ils faisaient un groupe de garage chacun séparément. Mais ce que j’apporte dans Arthur Pym, je pense qu’on peut le retrouver dans ce que je fais avec Jaromil Sabor, tout comme ce qu’ils apportent, tu peux aussi le retrouver dans leur groupe John Allen Muhammad et ainsi de suite.


     Comment as-tu abordé l’écriture de chansons en solitaire ?
C’est quelque chose que je fais depuis longtemps. C’est une liberté que j’adore : pouvoir aller directement où je veux, sans prendre le temps d’expliquer ou de consulter. C’est un peu le contraire du processus de création d’Arthur Pym, mais les deux sont complémentaires. En ce moment, ce qui me manque le plus, c’est la création collective que j’ai dans Arthur Pym & the Gordons ou dans Martin Zaturecky & Jaromil Sabor. Mais quand on joue beaucoup avec ces groupes, c’est cette liberté individuelle qui me manque aussi.

     Il y a des songwriters qui te touchent ou t’inspirent particulièrement ?
Oui, bien sûr, il y en a plein. Je serais incapable de tous les évoquer. Mais dans cette catégorie, il y a plusieurs sous-catégories.
Il y a les monstres, que j’admire mais qui sont très loin, et pour lesquels dire « on est musicien » ne signifie pas du tout la même chose. Là-dedans tu as Brian Wilson, Beatles, Zombies, Gram Parsons, Love, Otis Redding, Jay Reatard, The Coral et j’en oublie plein.
Après il y a ceux dont je me sens proche, parce que je suis obligé de constater des similarités, même si ce n’est pas forcément toujours recherché. Là-dedans tu as Ben Kweller, principalement. Ce qu’il fait maintenant n’est vraiment pas terrible, surtout son dernier album Go Fly a Kite. Mais quand j’écoute On My Way, l’éponyme, ou même Changing Horses, je me dis qu’on doit avoir des bouts de cervelle identiques. Ce qu’il fait de ses morceaux sur ces trois albums, j’ai l’impression que j’aurais cherché à faire exactement ça.
Enfin, il y a les groupes actuels de la scène anglo-saxonne, dont je me sens proche parce qu’on fait la même chose, à la même époque. Il y en a pas mal pour qui on a joué en première partie avec Arthur Pym et j’ai l’impression que ces mecs sont comme nous, avec un peu plus de maturité et beaucoup plus d’expérience. Là-dedans tu as les Fresh & Onlys, les Strange Boys, Mr. David Viner ou Sonny Smith pour n'en citer que quelques-uns.

     Marmalade Sculpture appuie beaucoup sur le côté "pop bricolée", d’ailleurs tu as tout enregistré toi-même. C’est important pour toi les notions de DIY et de lo-fi dans la musique ?
Oui, les notions de DIY et lo-fi évoquent beaucoup de choses pour moi et particulièrement dans le cadre de ce projet Jaromil Sabor. J’ai tout enregistré avec mon ordi, une carte son et la version démo d’un logiciel de DJ. Donc du très mauvais matériel, et le tout avec un micro de chant typique. Je cherche à transformer ces inconvénients en identité.
On s’est tout de suite dit avec Alfredo Garcia, au moment de produire le tout, que la dernière chose à faire c’est de tenter de cacher cet aspect-là. Au contraire, on a choisi de jouer dessus, de l’appuyer. Quand tu écoutes le dernier titre, "Fading in the Sand", il y a des appels de micro de tous les côtés, c’est presque de l’anti-production. Sur "I Wanna Be Everywhere Twice", tu entends une tasse de café racler sur la table. Mais c’est quelque chose que j’aime et que j’ai souligné au moment de mixer, au lieu de l’effacer. Je voulais que ça donne une intimité brute, qui serait issue à 100% de cet aspect lo-fi et qui retranscrirait les conditions d’enregistrement, souvent dans mon appart ou dans la cave de Paul.
A l’écoute des premiers morceaux que je lui ai envoyés, Alfredo Garcia m’a mentionné le nom de Greg Ashley. Je n’en avais jamais entendu parler, je connaissais juste les Gris Gris. Depuis j’écoute en boucle son album Painted Garden, sorti en 2007, il est exceptionnel. C’est exactement ça que je recherche. Il arrive à donner une grandiloquence à ses morceaux, sans tomber dans la sur-production agaçante. C’est ce que je recherche, notamment dans les arrangements. Bien sûr, je surproduis tout, parce que je double/triple/quadruple la plupart des pistes. Mais ce côté bricolé donne tellement de cachet à l’album de Greg Ashley, qui semble maîtriser à 100% le moment où ça va déborder, que j’essaie de toujours garder en tête des titres comme "Song From Limestone County" ou "Pretty Belladonna" pour diriger l’orientation que je veux donner à un morceau au moment de l’enregistrer.


     De quoi parlent tes textes ?
Tout est toujours très référencé dans ce que je fais. Je fais beaucoup plus de réinterprétation que d’invention à partir de rien, en fait.
Tu as des titres aux références musicales : "Oh ! Still Time", par exemple, c’est un anagramme d’Elliot Smith. Dans les paroles tu as une douzaine de titres de morceaux qui se côtoient. Plein de chansons d’Elliott Smith bien sûr, mais aussi de Johnny Cash, Gram Parsons, Bob Dylan, le Velvet Underground, Neil Young, etc.
"Cotton Fields", c’est un clin d’oeil à Neil Young. "I Wanna Be Everywhere Twice", c’est tiré de paroles de Ben Kweller et c’est une sorte de réinterprétation de son morceau "Thirteen", la même histoire mais avec des paroles et une chanson différentes.
Tu as des références littéraires aussi. Par exemple, "Fading in the Sand", c’est en référence à Ouroz, un personnage des Cavaliers, de Joseph Kessel. C’est un morceau instrumental qui colle bien à son périple je trouve, à la fois fier et désespéré.
Sur la pochette, tu vois le Yasunari Lake en haut à gauche, c’est en référence au roman Le Lac, de Yasunari Kawabata. C’est un superbe roman qui évoque plein de choses sans vraiment tout dire et sans non plus tomber dans une prose figurative pompeuse. Je trouve que c’est un bel objectif de tenter de faire la même chose avec la musique. Ça peut paraître ambitieux, voire même prétentieux, mais je l’assume sans problème. Je vais m’arrêter là mais, en gros, pour chaque morceau, que ce soit dans les paroles ou dans les instruments, tout est bourré de clins d’œil et de références.

     Comment s’est faite la rencontre avec Close Up ?
On est rentrés en contact avec Olivier, le mec qui tient Close Up, en fin d’année 2011 pour sortir ensemble le single d’Arthur Pym. Quand j’ai sorti Marmalade Sculpture, je n’ai pas cherché de label, je l’ai juste mis sur Bandcamp et Itunes et j’ai envoyé le lien à plein de gens, dont Olivier. Il a bien aimé et m’a proposé de le sortir. Ca s’est passé très simplement en fait. J’aime bien ça justement avec Close Up, c’est que ce n’est pas plus compliqué que « ça me plaît, je le sors ».

     Parle nous un peu de ton album de Noël : comment tu as eu l’idée et que trouve-t-on dessus ?
L’idée m’est venue assez naturellement, puisque je suis un grand fan de Phil Spector, de Johnny Cash, des Beach Boys et des All Cannibals. Mon album de Noël s’appelle Various Covers in the Spirit of Christmas. C’est un album assez court, il y a sept titres dessus. En fait, le principe, c’est de faire une reprise de morceaux qui n’ont rien à voir avec Noël et de les enregistrer en leur donnant un petit côté Christmasy.
Je l’ai enregistré pour la plupart ici à Berlin. Je n’ai pas beaucoup d’instruments à disposition, juste une guitare classique et un clavier. Il a donc fallu faire avec les moyens du bord. Par exemple, j’ai utilisé des sonnettes de vélo pour faire des clochettes, indispensables à tout bon album de Noël.
C’est un hommage à des groupes que j’aime et qui m’ont marqué. Depuis John Mellencamp que j’écoutais quand j’étais petit avec mon père, jusqu’aux Atlantics que j’ai découvert plus tard mais qui m’ont tout autant charmé et impressionné.
Bien sûr, pour des raisons évidentes de droits d’auteur, je ne vais pas le sortir physiquement. Donc je le mets gratuitement sur bandcamp pour que tout le monde puisse le télécharger. J’en ai fabriqué 50 exemplaires faits à la main avec du papier cadeau pour la pochette que je vais donner à mes amis. Pour le reste, tout le monde peut fabriquer le sien en téléchargeant les morceaux et la pochette de Juliette !


     Comment tu abordes l’exercice difficile de la reprise ?
Je lisais l’autre jour sur le forum de Planetgong qu’on se posait la question de l’utilité d’une reprise. Pour moi, c’est un très bon outil pour juger un groupe. Une reprise te permet de voir la vision que le groupe a du morceau d’origine. Et si c’est bien fait, ça te fait réaliser que ces mecs ont peut-être une longueur d’avance sur toi, parce qu’ils le regardent à travers un prisme auquel tu n’avais pas pensé.
Surtout, ça dégage toute leur intelligence de la musique, ce qu’ils arrivent à entendre à l’intérieur du morceau. On dit souvent que l’art c’est une interprétation de la réalité. Quand tu regardes ce qu’un peintre a peint à partir de tel paysage, tu te rends compte de la vision particulière qu’il avait du monde. Ce qu’il a déformé du modèle pour arriver à son interprétation et à sa représentation de la réalité de ce modèle. Dans la musique c’est beaucoup moins représentatif. Quand quelqu’un écrit un morceau qui est supposé retranscrire le sentiment ou l’état d’esprit qu’il avait à ce moment-là, l'auditeur n’a pas cette origine à disposition, il reçoit seulement le résultat de l’interprétation, sans voir la déformation personnelle qui a eu lieu entre le moment où le musicien a senti et le moment où il a enregistré. La reprise, c’est un moyen bien plus évident de voir d’où il est parti, et où il a amené ça.

     Quelle est ta prochaine actu ?
J’ai enregistré cet été un 45 tours que j’aimerais sortir début 2013. Il s’appelle If Every Man is An Orphan and Every Child is A Junky. Le concept est d’utiliser certains passages du film The Torture Chamber of Doctor Sadism comme fond sonore sur les morceaux et de broder une seconde histoire par-dessus avec mes chansons. C’est un film plein de sonorités intéressantes et assez effrayantes : des cloches qui sonnent, des pas qui résonnent, des coups de fouet, un monologue en vers, etc. Le tout dure une grosse dizaine de minutes et regroupe quatre morceaux.

     Bordeaux semble être une ville très dynamique culturellement, j’imagine que c’est stimulant de faire de la musique là bas...
Il y a une grosse scène à Bordeaux et pour nous c’est assez facile de faire de la musique, parce que quand tu es là depuis longtemps, que tu es ami avec la dizaine de personnes qui tiennent les clés, et surtout que tu as fait tes preuves, tu es soutenu dans tout ce que tu fais. On est tous très soudés.
Il y a plein de petites galaxies en fait, avec des groupes dont tous les membres jouent ensemble dans d’autres groupes. Rien qu’avec des membres d’Arthur Pym, par exemple, tu as John Allen Muhammad, Martin Zaturecky & Jaromil Sabor, Bad for Bugs, Jaromil Sabor, feu The Magical Jumblies Club, Oakland Recycles, France Frites, etc. Tout est interchangeable : Paul joue de la basse dans Arthur Pym et John Allen mais il joue de la batterie dans Martin Zaturecky et Bad for Bugs. Et c’est comme ça avec plein de  "bandes de groupes". Donc tu as très vite l’impression de faire partie d’une grande famille. Par contre, je pense que quand tu arrives là, sans connaître personne, et que tu veux lancer ton groupe en jouant au Saint-Ex, c’est assez dur.
Punching Joe

Pour continuer :
Les cinq obsessions musicales de Loïk en ce moment :
Painted Garden, Greg Ashley
Grown Up Fucked Up, The Reatards
I Often Dream of Trains, Robyn Hitchcock
Longtime Companion, Sonny & the Sunsets
Les deux EP de Jacco Gardner

Pour suivre les actus de Jaromil Sabor : la page bandcamp et la page facebook
Pour acheter le LP, rendez-vous sur le site de Close Up où chez un bon disquaire

La cover de Marmalade Sculpture

mardi 31 juillet 2012

Interview : The Space Padlocks

Les Space Padlocks font partie de ces bonnes surprises qu’on a parfois en jetant un œil nonchalant dans les bacs des disquaires. Avec une pochette à l’esthétique Serie B, badigeonnée d’un violet dégoulinant, il a été difficile de résister à soulever la galette pour essayer d’en apprendre plus. Si à ce stade-purement visuel-l’achat était assuré à presque 70%, la vue de la mention « Close Up »  au dos a fini de convaincre. Close up est en effet un excellent  label français à qui on doit notamment  la sortie du très balèze premier LP des Sudden Death Of Stars et divers 45 tours tout aussi indispensables, des Rivals au Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa en passant par Périphérique Est, pour ne citer qu’eux. Et cet EP des Space Padlocks est une nouvelle réussite pour Close Up. En quatre chansons les Toulousains imposent un son garage plutôt atypique. "Automatic Waterloo" allie spontanéité crade à la Back From the Grave avec une écriture pop super efficace. D’ailleurs la suivante, "Guru’s Not Dead", fait dans la power-pop lo-fi et vicelarde gavée au LSD. L’autre face est par contre plus planante. "A Question Of Degree" met en avant un chant désabusé sur une instru garage-psyché parcourue de distorsions. Distorsions que reprend la noisy "Sound Of Thunder", qui achève l’EP par des crachats purulents de guitare à l’agonie. On a donc demandé à Thibaut, l’homme à l'origine du groupe, de nous en dire un peu plus sur ce projet.



          Qui sont les Space Padlocks ?
Le groupe existe depuis l'été 2010. Nous sommes actuellement quatre. Il y a moi au chant et à la guitare, Jimmy à la basse et aux chœurs, Aurore à la batterie (elle remplace depuis peu Guitoune qui joue sur l'EP et a quitté le groupe il y a quelques mois) et Thomas au tambourin, guitare et orgue (il est arrivé tout récemment). Nous jouons tous dans différents groupes (The Existentialists, Les Cagettes, Moscow Driver, The Deserteurs). On a vraiment beaucoup d’influences mais je dirais qu'on s'est surtout enfilé des groupes 60s (plus précisément la période '66-'68), mais aussi des trucs punk, de la powerpop et pas mal de choses 80s, que ce soit du garage revival, du post-punk ou du pré-shoegaze.

          Comment vous définissez votre son ?
Je pense qu'on doit avoir un côté punk, un côté pop bricolée et une tendance à l'impro psyché sur un accord. En fait on doit être assez proche de l’esprit des groupes 80's revivalistes sur les bords qui écoutaient la même chose que nous. Par exemple un type comme David Roback, (Rain Parade, Opal, Mazzy Star), tout comme les Jesus & Mary Chain, Steve Wynn, Daniel Treacy, Nikki Sudden ou encore Spacemen 3. D'après moi, beaucoup de ces gens faisaient le pont, par exemple, entre les Byrds et le Velvet Underground, mais aussi le punk, le post-punk, etc. Ce n’est pas forcément conscient mais je pense qu'on se revendique de cet esprit là.

          Dans quelles conditions a été enregistré cet EP ?
On l'a enregistré en deux jours et demi avec Lo'Spider aux manettes à la fin de l'été 2011. C'était vraiment cool et très stimulant de faire ça avec lui. On s'est concentré sur peu de morceaux en fin de compte. Je me souviens qu'il faisait hyper chaud et qu'on buvait des bières à longueur de temps sans jamais parvenir réellement à se saouler. En tout cas on s'est bien marré.

La cover du EP

          Quel est votre rapport à la culture garage, le lo-fi ou même l’esthétique DIY ?
En ce qui me concerne j'ai dû m'intéresser à ce qu'on appelle la culture garage il y a un peu plus de dix ans, quand j’avais 17-18 piges, grâce à des trucs comme l'émission de radio Dig It ! découverte par hasard sur une radio locale que je recevais à Muret (20km de Toulouse) ! Quand tu écoutes ça tu trouves un écho au rejet du mainstream. J'avais déjà une culture très globale de la zic' qui m'intéressait et ça m'a vraiment impressionné de prendre conscience de pas mal de trucs. L'idée avec sa propre culture musicale c'est de savoir où creuser, même quand tu n'as qu'une vague idée. Je fais parti des malades qui ont toujours regardé les crédits sur les disques, et qui ont un besoin maniaque de savoir l'année de sortie. Dans ma ville, parmi mes potes, je ne connaissais personne qui écoutait les mêmes trucs que moi. C'était chiant. Quand j'ai eu le permis, puis la caisse, c'est devenu cool pour les concerts et j’ai pu envisager des choses. En fait j'ai fréquenté les concerts sur le tard.

Pour l'esthétique DIY, quand tu décides de faire avec les moyens du bord et que tu fais un maximum de trucs toi-même, tu touches à quelque chose d'assez grisant. La sincérité du contenu est en quelque sorte au max. Après pour le lo-fi, outre la faute de moyen, il y a le charme particulier qu’ont les sons distordus bien sales et le roulis irrégulier obtenu avec un magnétophone par exemple. C’est enregistrer vite, tant que le morceau est encore frais, en restant soi même surpris par son machin ! Inabouti ou pas, on s'en branle. Une des bases de la légitimité de l'esthétique lo-fi repose sur une réalité qui est que très régulièrement la démo d'un morceau défonce plus que sa version studio.

          Cet EP est votre première sortie physique en tant que Space Padlock, pourtant en traînant sur votre Bandcamp on trouve pas mal de musique (comme les très cool Tea Break demos). C’est quoi ces enregistrements ?
En réalité je bricole des trucs depuis aussi longtemps que j'ai pu toucher une guitare, même sans savoir en jouer. Ces morceaux je les ai enregistrés en 2008 je crois. C'est en quelque sorte le début des Space Padlocks, lorsque j'ai commencé à les faire écouter avec l'intention de monter un groupe.

Une chouette vidéo accompagnant "A Question of Degree"

         Vous êtes basés dans le Sud-Ouest, à Toulouse exactement, tu peux nous décrire l’environnement local, comment c’est de jouer du garage dans les parages ?
Le Sud-Ouest a toujours été riche en bons groupes garage. Perpignan, Bordeaux davantage que Toulouse d'ailleurs. Aujourd'hui, chez nous, dans le garage « actuel » on peut trouver les excellents Shiva & the Deadmen ou les Angry Dead Pirates. Pour ce qui est des infrastructures, c'est pas l'énergie qui manque, ni les assos, mais plutôt les lieux et parfois aussi le public, qui est certes fidèle, mais un peu restreint. Il y a toujours le Saint des Seins et la Dynamo mais tout le monde est un peu dessus. A mon avis il manquerait une ou deux salles/bars de taille modeste pour faire passer aussi les groupes plus petits, sans faire de gros fours. La situation doit ressembler aux autres grandes villes. Après au niveau de la programmation quand tu fais un bilan annuel, tu es quand même assez surpris par le nombre de bons groupes qui passent ici. On n'est pas si mal lotis.

          Comment s’est passée la rencontre avec le label Close-Up ?
On a juste envoyé ce qu'on avait enregistré à quelques labels qui nous bottaient et Close Up a vite répondu.

          Quelles sont les meilleures conditions pour écouter les Space Padlocks ?
Je n'en sais rien. Au casque en étant un peu défoncé peut-être bien.

          T’écoutes quoi en boucle en ce moment ?
Ça change d'une semaine sur l'autre. Moi là en ces temps-ci j'aime bien écouter 1er album solo de Nikki Sudden, et aussi Teengenerate. Dans ma caisse en ce moment j'écoute DMZ. Tout ça me parle.

Punching Joe
Aussi sur le net :
-Le Bandcamp des Space Padlocks pour écouter l'EP en boucle, et tout le reste
-La page Facebook du groupe et celle de Close Up, pour se tenir au jus.
-Pour acheter l'EP, rendez-vous chez un disquaire sérieux ou sur le site de Close Up

mercredi 4 juillet 2012

Interview : Volage, MADDIE EP


Volage c'est un peu mon obsession du moment. D’abord écouté d’une oreille distraite, leur tout premier EP, MADDIE, passe désormais en boucle dans mon casque, bien aidé par le morceau "Many Hopes", un petit bijou de garage-pop éclatant. Des garageux du genre la tête dans le guidon qui cachent pourtant un groupe à l’esthétique sonore très travaillée. Ici, on ne se repose pas que sur des distorsions disproportionnées ou des amplis qui dégueulent : leur son, certes crado dans la moelle, regorge aussi d’éléments pop, punk et s’appuie sur des chansons limpides, pour ne pas dire imparables. "Not Enuff" et son riff marteau-piqueur par exemple, ou encore la Ty Segallienne "I’m a fool", une belle démonstration de puissance et de changements de tempo. Du coup j’ai voulu en savoir plus et j’ai interrogé Paul Rannaud, compositeur, chanteur, ingé son…bref, l’homme à tout faire de Volage.


       
          Alors, Volage c’est quoi exactement ?
C’est un projet que  j'avais en tête et dans lequel j'ai motivé des potes. On est quatre: Thibaut (batterie), Simon (Guitare), Paul V(basse/guitare) et moi-même (chant/guitare/basse). On est entre Paris, Tours et Le Blanc, dans la région Centre. D’ailleurs là bas on a un garage qu’on squatte pour répéter et enregistrer. J'ai enregistré l'EP l'été dernier. J'ai joué toutes les parties car se sont pour la plupart mes compos et Thibaut a joué ses parties de batterie, sauf sur "Many Hopes" qui était une idée de Simon et qu'on a écrite à deux.

Dans la composition, j'apporte souvent une nouvelle idée de morceau, genre à 70%. Puis on teste ces démos en répètes et ça prend forme ensemble. Parfois, comme pour "Not Enuff" ça se fait sur l’instant : un riff, quelques phrases et on sait déjà qu'on va la garder. On privilégie toujours l'émotion, le riff. Parfois la même suite d'accords n'a rien à voir selon le tempo et la manière de la jouer. On peut s'inspirer de pleins de choses, tant que ça nous touche . Si t'as une vision claire d'une chanson, même si l'idée est folle, l'important c'est d'y croire et de faire passer l'émotion. On cherche un truc qui fonctionne sinon on ne garde pas. On ne se définie pas comme un groupe de punk ou de rock, on s'en fout en fait. On essaie juste de ne pas trop lécher le son, garder le truc un peu sauvage. On a des influences pop, c’est clair, mais aussi un coté vraiment plus crado, parfois lo-fi. On cherche la puissance, l'adrénaline, quelque soit le type de morceau. Après au niveau des influences je pourrais dire plein de chose, mais disons que ça va de Coachwhips (ancien groupe de John Dwyer, Thee Oh Sees) à DJ Screw.


          Vous venez de sortir votre premier EP sur cassette. Pourquoi ce choix ? Que représente pour vous ce support ?

La cassette c’était vraiment ce qu'on voulait. Le CD, pas question, c’est un support chiant et on n’avait pas de thunes pour un vinyle. La cassette c'est le support analogique le plus cool qu'on ait trouvé. Le son est vraiment sympa, même sur cette petite taille de bande. Pour nous c'était un bon moyen de commencer, en gérant vraiment l'ensemble, sans intermédiaire. Et ça permettait en plus de travailler un peu le packaging sans trop de frais. Il y a l’idée du bel objet. Un vinyle c’est un super objet, c’est un vrai choix dans un shop. La cassette c'est pareil, c’est ludique et puis c’est souvent des petits tirages, donc assez rares. Nous, on voulait être content du tout. On à fait des covers hyper débiles mais ca aurait pu être vachement plus sobre, la prochaine le sera, on l’a déjà.
C’est aussi le premier support qu'on ait connu enfants.  On continue même à enregistrer sur des 4 pistes. Ce n’est pas le cas pour MADDIE, mais c’est possible que certains prochains morceaux soient enregistrés et sortis sur cassette.

          Vous avez réalisé MADDIE de A à Z, pourquoi ?
Pour un premier projet, il fallait que ce soit vraiment notre reflet. Je ne voulais pas déléguer quoi que ce soit.  Surtout pour l'enregistrement, le mix et le mastering, je voulais tout contrôler. Ca demande beaucoup de temps car tu as vite fait de faire des erreurs entre les différentes étapes. Mais l'oreille s'habitue. Il fallait que ça soit notre truc, dans sa globalité, des mix au passage sur bande. En plus j’adore l'enregistrement, c'était naturel de le faire nous même. Ce sera pareil pour les prochains, ils seront beaucoup plus énervés mais plus pop encore pour certains.

          Le garage a le vent en poupe depuis quelques années, comment êtes-vous tombés dedans ?
En fait on a tous toujours fait de la zik, depuis gamins, et chacun pleins de trucs différents. Avec Volage je voulais vraiment faire quelque chose de sale et bruyant, c'est comme ça qu'on a commencé avec Simon. Ensuite Paul V. et Thibaut sont venu jouer avec nous quelques fois, ça a très vite marché et on était tous d'accord en termes d'esthétique sonore. L'intention de base c’était de ne pas faire un truc trop léché, mais ensuite, le son tel qu’il s’est développé, c'est venu tout seul, ce n’était pas réellement une démarche consciente.

          Y-a-t-il des groupes français dont vous vous sentez proches actuellement?
Ouais, il y a une super scène garage en France. On a organisé un concert avec J.C Satàn sur Poitiers, parce qu'on adore ce qu'ils font, même si nos sons sont différents. Pareil pour les Strange Hands (+ une interview), on a l'impression de marcher sur leurs traces.




          Quelles sont les meilleures conditions pour écouter Volage ?
Très fort sur le poste cassette de ton van, pendant un road trip direction nulle part, avec tes potes qui s'envoient de la codéine à l'arrière avec leurs meilleures copines. Sinon en live bien sûr !

          D’où vient votre nom d’ailleurs ?
En fait on ne voulait pas forcément un nom à consonance anglaise. Volage c’est différent, ça évoque pleins de possibilités, ce qu'on ne se refuse pas quand on écrit nos sons. Les seuls autres noms qu'on avait c'était les Khadafistfucking et Simon voulait absolument qu'on choisisse "Les petits pédestres". On l'en a empêché.

        Vous semblez taillés pour le live, comment vous appréhendez cet exercice?
Le live c'est vraiment un super moment. On essaye de tout donner, déjà pour être à la hauteur et que le morceau soit ce qu'il devait être, et aussi, tout simplement, pour prendre le plus de plaisir. Ça triche pas un live, donc faut donner de soi. Je recherche vachement le moment ou tu arrêtes de penser, de calculer ce que tu fais, c’est là où les choses se créent. Ça demande beaucoup de répétitions, ce qu'on a du mal faire car on est toujours à droite à gauche les uns les autres.

         Quelle est votre actualité dans les mois à venir ?
On va enregistrer en août et je vais essayer de mixer entre 5 et 10 titres, selon le temps. Du coup on devrait sortir une nouvelle cassette courant octobre ou novembre. Sinon on aimerait bien sortir un 45 tours, genre 4 titres ce serait cool, si un label veut bien nous le sortir ! On a plusieurs projets de vidéos aussi, dont un petit clip avec le prochain projet. Sinon, on prévoit de tous aller vivre dans les garages à coté du notre et d'y vivre comme des néo-hippies, avec notre studio à coté, le canapé en cuir de chez Emmaüs et le piano blanc à touche rouge.


A venir : Tournée française en octobre / novembre 2012 (dates à venir) + nouvelle cassette en novembre
Suivre Volage sur Facebook et Bandcamp (téléchargement gratuit + achat de la cassette)
Aussi sur le web : Volage dans Styrofoam Drone



La playlist de Paul -> ses 5 obsessions du moment :

-"She took a long cold look"- Madcap Laughs - Syd Barett
-"Slaughterhouse" - Slaughterhouse - Ty Segall Band
-Tout Family Perfume VOL1/2  - White Fence
-"Freak When I'm Dead"- Was DeadKing Tuff
-"Paranoid" - J.C Satan (Black Sabbath cover)

Punching Joe