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jeudi 10 juillet 2014

Playlist : The Revelator fanzine




Alors qu’une adresse mail suffit pour créer un espace d’expression personnalisé (blog, tumblr, etc.), quelques irréductibles continuent à mettre les mains dans la colle UHU, les photocopieuses capricieuses et les agrafes. Et oui, le fanzine n’est pas mort et c’est tant mieux. Il n’y a qu’à faire un tour à l’excellent Salon du Fanzine, qui se tient chaque année à la Bibliothèque Marguerite Duras à Paris, pour se rendre compte que les passionnés de contre-cultures s’expriment toujours avec vivacité à l’intérieur des ces petites publications aux formes aléatoires.

Récemment, on a rencontré deux jeunes bricoleurs rouennais qui se sont lancés dans cette aventure DIY, créant le fanzine musical The Revelator, spécialisé, entre autres, dans le garage et le rock psychédélique. Constatant que l’on avait à peu près les mêmes goûts, on a demandé à Suzy et Julian de nous cuisiner une playlist avec pour thème la révélation, eux, les deux illuminés, qui ont décidé, en 2014, de passer leurs nuits à assembler de jolis bouts de papier au lieu de végéter devant leur ordinateur.

Pour se procurer un numéro de the Revelator il suffit de les contacter ici ou de se déplacer à Rouen du côté de chez De Bruit et d'Encre ou aux Mondes Perdus. Les fanzines devraient débarquer à Paris à la rentrée.


"Il y a dix ou quinze ans, nous pensions que la vraie musique c'était Corneille, Britney Spears et Nuttea. Heureusement, en grandissant, nous nous sommes rendus compte que la vérité était peut-être ailleurs. Beethoven (le compositeur, pas le chien) a dit : La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie. C'est ce qui s'est passé pour nous, et nous avons laissé tomber Nuttea (enfin peut-être pas complètement quand même...). Après l'écoute de cette playlist, nul doute que vous saurez ce que Dieu a fait de mieux sur terre..." Suzy & Julian


Blind Willie Johnson "John the Revelator" 
Le re-noi qui nous a révélé le nom de notre fanzine



Blind Blake & the Victoria Royal Hotel Calypsos "Love, Love Alone"
L'aveugle qui nous a révélé qu'en fait Gilbert montagné à coté, c'était de la merde. Et que le calypso était un genre vraiment cool.



The Groupies "Primitive"
La chanson qui nous a révélé que les nuggets ce n'était pas que du poulet reconstitué, mais un truc bien meilleur.



Blue Cheer "Summertime Blues"
Le groupe qui nous a révélé qu'on pouvait faire de la musique couillue de malade mental même avec des cheveux longs



Ty Segall "Oh Mary"
Le mec qui nous a révélé la qualité du garage actuel...et il n'est pas le seul.



Spacemen 3 "Big City (Everybody I Know Can Be Found Here)"
Toutes leurs chansons sont une révélation cosmique.



Les Agamemnonz "Tristes Tropiques" 
Le héros grec qui nous a révélé le meilleur groupe de Rouen



The Capitols "We Got a Thing That's in the Groove" 
La chanson qui a révélé nos talents de danseurs un soir d'Halloween.



Sudden Death of Stars "Inside Out" 
Le groupe qui nous a révélé le tube de l'année.



The Myrrors "Warpainting"
La chanson qui nous a révélé à nous-mêmes (y a un jeu de mot avec miroir / Myrrors, tellement naze que nous nous sommes sentis obligés de l'expliquer...)


Propos recueillis par Punching Joe

lundi 23 juin 2014

Voyage dans l'espace avec Still Charon


Le duo limougeaud Still Charon compte déjà deux EP, HΩME (sorti l’année dernière) et Paved & With Good Intentions qu’ils viennent de partager gratuitement sur bandcamp. Leur musique mêle des mélodies aussi pop que psychédéliques, un son tantôt rugueux, tantôt gracile, le tout magnifié par la voix magnétique de Camille (ex Mountebank). Au petit jeu des références on peut tout aussi bien déceler certaines égratignures lo-fi propre au garage-rock moderne, qu'une décontraction façon indie-rock nineties ou encore un savoir-faire pop ancestral. Pourtant leur musique semble irréductible à ces simples étiquettes. En fait Still Charon ne fait rien d’autre qu’écrire de belles chansons et c’est déjà beaucoup.

On vous rappelle également que vous pouvez les retrouver sur l'excellente compilation Songs Of Nothing 2 du collectif Nothing.

   

Inspirés par leur nom qui fait référence à Charon, la lune de Pluton, on a demandé à Camille et Florian de concocter une playlist qui soit un vrai voyage intergalactique :

"L'espace, comme la nature, est un lieu infini et inconnu, propice à la contemplation et à la rêverie, une source intarissable d'inspiration pour les expérimentations musicales en tout genre. À un tel point, que le rock psychédélique ne va pas sans son petit frère le Space Rock.

L'image est vraiment bien choisie, puisqu’à l'évocation du genre on imagine déjà la reverbe infinie rouler-bouler dans l'espace comme Sandra Bullock dans Gravity; une sorte de Great Gig In The Sky qu'ils disaient, avec des technologies et des civilisations extraterrestres."

Spacemen 3 "Starship"
Tout est dans leur nom, un esprit qu'on pourrait résumer ainsi : taking drugs to make music about space to take drugs



Spiritualized "Ladies and Gentlemen We're Floating Into Space"
Jason Pierce, variation sur le thème.



Warlocks "He Looks Good in Space"
Depressing space song



Hawkwind "Space Is Deep"
Hawkwind inventeur de la space épopée avant George Lucas.



Robert Wyatt "Alien"
Prends ton ticket pour Venus



Slowdive "Soulvaki Space Station"
We are travelling at warp speed



Pink Floyd "Astronomy Domine"
Shiny Diamond synesthésique de Syd Barret gravitant autour de Jupiter Saturne Oberon, Miranda, Titania, Neptune Titan.



Yo La Tengo "Superstar Watcher"
Contemplation melody



Galaxie 500 "Leaving The Planet" 
You said that I could bring my guitar, you said it's time to leave the planet [...] time to leave the capsule if you can ?


Propos recueillis par Punching Joe  

mardi 25 février 2014

Dusty Mush chez les dingos

Maxime Verret



Il y a presque un an, nous vous parlions des Dusty Mush ici même. À l’époque les fripouilles de Melun commençaient à peine à ramener leur fraise du côté de la capitale. Aujourd’hui le trio passe à la vitesse supérieure : leurs concerts sont désormais de vraies expériences hypnotiques et ils s’apprêtent à sortir leur première galette (après deux k7). Un EP chez Howlin’ Banana qui va servir de rampe de lancement pour le LP prévu au cours de l’année. Histoire de fêter dignement cette sortie, on leur a demandé de réaliser une playlist "les chansons pour se faire interner", sur le thème, vous l’aurez compris, de la folie, de la maladie mentale. Thème sur mesure, pour un groupe qui, au-delà des sonorités garage et punk, nous transmet une énergie indéniablement tourmentée et hallucinée. Voici ce qu’ils nous ont concocté :


Bienvenu dans notre programme d’aide à l’internement forcé. Toute résistance aux différentes phases du processus serait futile


Phase initiale : diffusion de fréquences produites par des patients présentant déjà un désordre mental prononcé.

Patient #1: GG Allin
Le patient semble être atteint du syndrome de la Tourette et de troubles mentaux complexes entraînant des périodes de nudité, d’automutilation et de déviance sexuelle.


Patient #2: Darby Crash
Chanteur du groupe The Germs. Incapacité à monter sur scène sans prise excessive de substances illicites afin de ne pas sentir les violences physiques reçues lors de ses prestations.


Patient #3: Nick Blinko
Leader du groupe Rudimentary Peni, hospitalisé pour trouble schizo-affectif.



Résultats de la phase initiale :
Vous semblez bien réagir au programme, les premiers signes apparaissent : hyperactivité, trouble de la répétition.





Phase intermédiaire : injection au patient de substances inconnues.

Substance #1 : Drogue électrique
Le sujet répond positivement à l’injection, ce dernier pense avoir un troisième œil.


Substance #2: Robitussin
Perte de cohérence du patient, il ne semble plus être en mesure de jouer correctement de la guitare de type électrique.



Résultats de la phase intermédiaire :
Vous semblez reconnaître votre folie naissante. Encourageant.





Phase finale : séances intensives d’électrochocs.

Séance #1: Fuzz hallucinée en intraveineuse.
Le patient prend peur. Augmentation de la dose. Acidité de la fuzz à son maximum.


Séance #2: Batterie sur-vitaminée.
Le sujet éprouve tour à tour excitation et sommeil profond.




Toutes mes félicitations, vous avez survécu au programme. Vous êtes prêt à être interné.

Profitez de votre nouvel état mental :


Propos recueillis par Punching Joe

mardi 29 octobre 2013

Introduction to Kelley Stoltz


Après trois albums chez Sub Pop, le résident de San Francisco Kelley Stoltz signe Double Exposure sur Third Man Records, label avec lequel il partage une même origine, le Michigan. Dans le circuit depuis près de 15 ans il n’en reste pas moins un éternel outsider, injustement méconnu de ce côté de l’Atlantique, alors que sa discographie regorge de grandes chansons pop. Multi-instrumentiste génial, orfèvre du son analogique et producteur inspiré (the Mantles, Sonny & the Sunsets…), il était là avant que la scène de San Francisco ne prenne la fière allure qu’on lui connaît aujourd’hui. Pour tous ces musiciens il reste d’ailleurs une figure tutélaire, souvent cité comme influence, notamment pour sa manière de penser la musique et de magnifier le Do It Yourself, gage de liberté créatrice. 

Grand fan du songwriting immatriculé années 60, de Brian Wilson aux Beatles, en passant par Syd Barrett, les Zombies ou Nick Drake, Kelley Stoltz en a gardé le savoir-faire dans l’approche de la pop-song, tout en mettant en avant sa sensibilité à travers des arrangements fouillés, remplis de bidouillages et de boucles étranges. 

Pour s’y retrouver dans cette discographie abondante, on a décidé de faire une playlist qui donne un large aperçu de sa carrière. Dès débuts lo-fi de The Past Was Faster (1999) et Antique Glow (2001) jusqu’au brillant Double Exposure (2013) en passant par la période Sub Pop (To Dreamers, Circular Sounds, Below the Branches) ou encore son album de reprises d’Echo & the Bunnymen, voici 12 chansons qui, on l’espère, serviront de porte d’entrée pour ceux peu familiers du monde merveilleux de Kelley Stoltz.





1-Popular Diseases (The Past Was Faster, Telegraph Compagny, 1999)
2-Vapour Trail (The Past Was Faster, Telegraph Compagny, 1999)
3-Underwater's Where The Action Is (Antique Glow, self-released, 2001)
4-The Sun Comes Through (Below the Branches, Sub Pop, 2006)
5-Prank Calls (Below the Branches, Sub Pop, 2006)
6-Stars Are Stars (Echo & the Bunnymen cover) (Crockodials, Beautiful Hapiness, 2006)
7-Your Reverie (Circular Sounds, Sub Pop, 2008)
8-I Nearly Lost My Mind (Circular Sounds, Sub Pop, 2008)
9-Pinecone (To Dreamers, Sub Pop, 2010)
10-I Remember, You Were Wild (To Dreamers, Sub Pop, 2010)
11-Marcy (Two Imaginary Girls, Les Disques Steak, 2012)
12-Kim Chee Taco Man (Double Exposure, Third Man, 2013)
13-Interview
Punching Joe