Originaires d’Orange
County, au sud de Los Angeles, les jeunes Cosmonauts débarquent en 2010 avec un
premier LP, Cosmonauts, publié chez BurgerRecords. On connait bien le label pour son excellent catalogue en matière de
garage mais aussi, et surtout, pour sa particularité de ne produire quasiment
que des cassettes. Aussi cool soit-il, ce format reste quand même, avouons-le, un
truc de geek. Alors quand, en plus, ce premier LP n’est édité qu’à 250
exemplaires, là on est carrément dans l’élitisme (c’est d’ailleurs ce qu’explique
bien cette chronique de PlanetGong).
Rebelote en mars dernier
avec l’EP New Psychic Denim. Mais
cette fois le groupe a quand même la bonne idée de poster le disque sur son
bandcamp, où on peut donc l’écouter et aussi le télécharger. Huit chansons d’une
qualité affolante qui en font l’un des meilleurs albums de garage/psyché de
2011.
Le son des Cosmonauts
est la rencontre explosive entre le rock répétitif des Spacemen 3, le
psychédélisme old-school des 13th Floor Elevators et les garage-uppercut de
Thee Oh Sees. Dès le premier titre, "Psychic Denim", on comprend que les
californiens sont du genre à jouer à bloc, « in the red » quoi. Avec
ses guitares assourdissantes et sa rythmique éléphantesque la chanson se
positionne dans le peloton de tête des garage-songs les plus brutales de cette
année, non loin de "Blood on the wall" de Blasted Canyons. Un son abrasif donc,
que le groupe se défend d’obtenir depuis des pédales d’effets. Comme on
l’apprend dans cette interview, ce qu’ils aiment c’est pousser leurs amplis à
fond : « les Kinks n’obtenaient pas leur son avec des pédales, ils
foutaient juste leurs amplis en l’air ! C’est plus cool comme ça ». Difficile
de reprendre son souffle dans ces conditions, avec des pistes toutes plus
asphyxiantes. Prenez "Dreamboat", avec son riff sixties d’abord docile mais dont
la répétition maniaque finit par nous anéantir. Ou encore "Please Don’t Make Me Blue" où le chant, même hurlant, peine à se faire une place tant les saillies
soniques sont extrêmes. Ils se permettent même une incroyable reprise de "Little
Honda" des Beach Boys, une chanson déjà sérieusement violentée par Yo La Tengo
il y a 14 ans.
Expérience sonore
radicale, New Psychic Denim est le
genre de disque dont l’écoute devient vite obsessionnelle. Les Cosmonauts
retranscrivent leur fougue adolescente sur des chansons insouciantes et
imparables. Une vraie leçon de rock’n’roll !
Punching Joe
Petit concert qui s'ouvre sur "Psychic Denim"

