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dimanche 28 juillet 2013

Big Tits-Ex-repeater 7''


Malgré les apparences, il n’y a aucune volonté ici de transformer un billet musical en machine à clics grâce à une URL putassière. Big Tits est bien le nom d’un groupe new-yorkais qui vient de sortir un excellent premier 45 tours.

Autre précision, ils ne sont pas non plus l’équivalent américain de nos délicats Gronibard. Pas de grindcore donc, mais plutôt une glam-pop sautillante qui n’a bien sûr pas échappé au radar de Matthew Melton, leader de Warm Soda, qui s’est empressé de réaliser une galette sur son label Fuzz City Records.


Fuzz City Records n’a pas été encore évoqué en ces lieux, pourtant le catalogue du label de Matthew Melton vaut le détour avec sa petite poignée de 45 tours où il est forcément question de glam acidulé et de power-pop lo-fi. On retient notamment ceux de Burnt Ones et d’Adam Widener.

Mais la meilleure sortie jusqu’ici est celle de ces fameux Big Tits, projet d’un certain Joey Genovese. Un titre par face et deux tubes glam-pop saturés qui n’ont rien à envier à Warm Soda, King Tuff et consorts. "Ex-Repeater" d’abord, toute en fuzz bubblegum, "I like it a lot" ensuite, qui se chante à tue-tête. On va suivre l’avenir du groupe de très près.
Punching Joe

Fuzz City édite également des compilations sur cassette, Summer of Fuzz, où l’on peut retrouver un autre titre de Big Tits, en écoute ci-dessous.


dimanche 16 juin 2013

EPs : Ross de Chene Hurricanes / Sic Alps

Pour ce nouveau billet on reste dans les formats courts avec la sortie récente de deux EPs très recommandables. D’un côté les fougueux et prometteurs Ross de Chene Hurricanes, de l’autre les tauliers californiens Sic Alps.

Ross de Chene Hurricanes est un duo australien basé à Melbourne. Ils viennent tout juste de publier leur premier 45 tours chez Anti Fade Records (Chook Race, The Living Eyes, Useless Eaters). Suivant la tradition d’excellence musicale de la ville (Eddy Current Suppression Ring, Woollen Kits,  Royal Headache, The UV Race, Frowning Clounds, etc.), Ross de Chene Hurricanes se démarque en 3 titres seulement grâce à un garage réverbé à l’extrême et une nonchalance bien de chez eux. On retient notamment "the Jailbird" avec sa guitare en morceaux et "Dirty Floor", paresseuse à souhait.


De l’autre côté du Pacifique, à San Francisco, les Sic Alps continuent de tracer seuls, et dans une relative indifférence, leur route alors que les collègues Ty Segall et autres Oh Sees bénéficient d’un petit moment de gloire. Il est vrai que la troupe de Mike Donovan n’a jamais eu le bon timing : arrivé un peu avant tout le monde, le groupe s’est enfermé au moment de l’explosion de la scène de Frisco dans une musique difficile d’accès, bien que passionnante à déchiffrer (US EZ en 2008 puis le génial Napa Asylum). Pourtant, fin 2012, Sic Alps prend tout le monde de court avec un LP loin de leurs habituels standards lo-fi…mais cela ne suffit toujours pas à les faire reconnaître. Sur l’EP She’s on Top, édité par Drag City, ils s’aventurent dans de nouvelles contrées et confirment leur statut de groupe insaisissable.

En effet Sic Alps sort les grosses guitares avec leur ribambelle de riffs nineties et solos décomplexés. "Biz Bag" galope avec ardeur sur une pédale big muff inarrêtable, tandis que "Carrie Jean", bien que plus cabossée avec sa rythmique saccadée, fait preuve d’une virulence tout aussi accrocheuse. Le tout est complété par une "She’s on top" méchamment tubesque. Ils seront à Paris le 1er juillet à l'Espace B.
Punching Joe

lundi 10 juin 2013

Maria False-Death/Mary 7”


Il y a quelques jours on parlait du premier EP de future, un duo parisien adepte des sonorités shoegaze. Le groupe fait partie de l’excellent collectif Nøthing, qui rassemble d’autres formations au goût prononcé pour les mélodies noires et les ambiances vaporeuses. On y retrouve également : The Name Of The Band, Venera 4, Saintes, DEAD et Maria False. Aujourd’hui on s’intéresse à ces derniers qui viennent tout juste de sortir un 45 tours chez le Turc Mécanique.


Maria False n’en est pas à son coup d’essai puisqu’ils avaient déjà enregistré un EP l’année dernière, Artefact, caractérisé par un shoegaze violent et puriste, qui réhabilitait les guitares nucléaires. Sur ce 45 tours la formule n’a pas changé et le quatuor s’applique une nouvelle fois à tout raser sur son passage. Complémentaires, les deux chansons "Death" et "Mary" ne font presque qu’une, déployant ce fameux mur du son où seules les voix surnagent.

A noter que le Turc Mécanique a apporté un soin tout particulier à cette sortie au tirage très limité. Les titres de Maria False sont en effet gravés sur un superbe vinyle transparent. Une autre édition, malheureusement déjà épuisée, avait même été agrémentée d’une pochette psychédélique cousue main. Une jolie manière de militer pour ce format si attachant.
Punching Joe



samedi 16 mars 2013

45 tours : The Young Sinclairs / Travel Check

Quelques semaines après avoir parlé du single des rustres Bikini Gorge chez Kizmiaz, on continue à  se pencher sur des nouveaux 45 tours que l’on doit à des labels français.

Il y a presque un an on consacrait un article aux premières sorties du label Croque Macadam. Depuis, le microsillon continue de fleurir du côté de Montrouge, avec toujours cette envie de défrichage mêlée à une indépendance fièrement brandie. En résulte des disques confectionnés avec amour ; on citera notamment le dernier single des Triptides, la galette des Superets ou encore le diptyque des Spadassins. Mais la sortie qui retient aujourd’hui notre attention est un autre double 45 tours, celui des américains Young Sinclairs.


Pour l’occasion Alexandre de Croque Macadam s’est associé à son frère Etienne, qui a repris le nom de leur blog commun : Requiem pour un twister. C’est donc sous le double macaron Croque Macadam / Requiem pour un twister que les deux singles des Young Sinclairs sont désormais disponibles à des tirages limités. Le groupe, originaire de Virginie, demeure méconnu (voire inconnu) en France alors qu’il est actif depuis 2005. A sa tête un certain Sam Lunsford, brillant compositeur à l’aise dans de nombreux domaines, comme le spécifie cette interview. Avec les Young Sinclairs il s’amuse à ressusciter notamment le folk-rock des Byrds, guitare jangly à l’appui, tout en garnissant sa palette de touches garage et pop. Porté par des guitares délicatement rêches, l’EP Hurt my pride télescope ainsi Nuggets et BJM* pour un résultat imparable. Sur le second 45, New Day, c’est une indie-pop en apesanteur qui vient nous cueillir en faisant planer l’esprit des Field Mice. Espérons que cette double sortie irréprochable incitera plus de monde à se pencher sur ce groupe talentueux.
*Les Young Sinclairs ont d'ailleurs déjà ouvert pour le groupe d'Anton Newcombe et font partie du Committee to keep music evil.


L’autre disque que l'on retient vient de chez Howlin Banana. Organisateur émérite de concerts à Paris, Howlin Banana sort aussi de temps à autre des 45 tours. Sa dernière pioche, les Parisiens Travel Check, qui débarquent avec un trois titres au nom alléchant : Wild Tropics. Grands admirateurs des Black Lips, le groupe en a gardé une écriture aussi évidente que joliment bancale au service d’un garage cotonneux et rêveur. "Pokayoké" et "Trippin Waves" impriment des gimmicks surf qui peuvent vite devenir obsessionnels.




Punching Joe

jeudi 15 novembre 2012

Bad Indians-Sun People EP



Découverts du côté de chez Requiem pour un Twister, les américains de Bad Indians nous avaient convaincu avec leur précédant 45 tours, the Path Home. Ils y jouaient une pop-psyché foutraque juste comme il faut, parcourue d’effluves garage, voire indie-pop. Sur ce nouveau EP, sorti au printemps 2012 sur Urinal Cake Records, ils affirment un peu plus leur son.

La face A, excellente, débute par un joli arpège, celui de "Sun People", une chanson pop un brin étrange mais au refrain accrocheur. "If I had a chance" enquille dans une vaine très indie-pop avec quelques relents psyché succulents. Deux chansons où l’on retrouve donc ce son typique des Bad Indians, mêlant des influences a priori hétéroclites, mais qu’ils savent marier astucieusement.

La face B s’aventure elle dans un rock-pysché plus velu. Moins grelottant, le clavier s’affirme sur "Hate" et pose les bases d’un morceau à la rythmique lourde et aux guitares décomplexées. Sur "The Other Side", ils enfoncent le clou et balancent un titre enlevé, dans un pur style "Austin", avec notamment un riff dont le groove rappelle fortement les 13th Floor Elevators.

Sun People confirme donc tout le bien qu’on pensait des Bad Indians. Ils s’imposent un peu plus comme un groupe à la personnalité musicale forte, capable de varier son style avec intelligence et panache. On attend le premier LP avec impatience.
Punching Joe

l'EP en écoute :