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vendredi 4 janvier 2013

Woollen Kits-Four Girls


En privilégiant les sorties parcimonieuses et le défrichage de nouveaux talents, le label américain Trouble In Mind est en train de se construire un catalogue de grande qualité. On y trouve notamment Ty Segall, Night Beats, the Resonars, les Limiñanas, Mikal Cronin ou, leur dernier coup de maître, Jacco Gardner. Chacune de leur parution étant désormais guettée, c’est avec une joie non dissimulée que l’on a accueilli l’arrivée dans l’écurie des australiens Woollen Kits, accompagnés de leur deuxième disque, Four Girls. Remarqué à la sortie du premier LP, magnifique ode à l’indie rock débraillé et adolescent, le trio originaire de Melbourne prouve avec cette signature chez un ponte américain du rock alternatif que les espoirs qu'on avait mis sur eux n’étaient pas si irraisonnés.
Four Girls donc, pour quatre filles : "Sandra", "Cheryl", "Susannah" et "Shelley", qui correspondent à quatre chansons du LP. Un angle d’attaque pas si anodin quand on sait que Tom Hardisty, Tom Ridgewell et Leon Appelbee se sont rencontrés par l’intermédiaire de leurs copines. Quoi qu’il en soit, ces quatre titres servent de piliers (deux sur chaque face) à un disque où il est encore question d’indie-rock lascif. Dès "Back yo you" on retrouve ce son limpide à la Woollen Kits : une guitare sans le moindre effet qui, entraînée par le tempo d’une batterie minimale, cavale avec insouciance sur les ondulations boudinées de la basse. Woollen Kits ne se réinvente pas mais affine sa palette et gagne en pertinence (Mikey Young est toujours derrière les manettes). Sur des chansons comme "Sandra", faussement pantouflarde et vraiment obsédante, ou sur la jolie "So Cold", ils laissent se déployer leurs compos et s’affirment. Le reste de Four Girls fait étalage de tout le potentiel tubesque du groupe. "Susannah" est imparable et l’ajout d’un saxophone donne une dimension inattendue à la chanson. De même, "Shelley" est un pur moment de chill à l’australienne tandis que "All Sorts" cristallise toute la coolitude de l’indie-rock à la Beat Happening, Pavement, the Clean & Co.

Le clip de "Shelley"


En apposant le macaron Trouble in Mind sur sa galette Woollen Kits n’a pas tremblé. Moins bancal, le son du groupe continue de s’épaissir et si le charme boiteux du premier LP s’efface quelque peu, la maturité affichée par les Australiens fait plaisir à entendre, tout comme leur capacité à écrire des chansons toujours aussi efficaces et enivrantes.
Punching Joe

-A noter qu'en Australie Four Girls a été édité sur l'excellent label RIP Society, qui avait déjà sorti le premier LP de Woollen Kits ou encore celui de Royal Headache. 

mardi 24 avril 2012

Australian Indie-rock mixtape

Vous l'avez peut-être remarqué, on aime bien l'Australie sur Walking with the beast. Récemment les chroniques sur des groupes Aussies se sont enchaînées, et à raison, puisque la qualité des disques écoutés nous a complètement enthousiasmés. Indie-pop, post-punk, punk-rock, garage sixties : l'indie-rock est bien roi aux antipodes !

C'est pour ça que l'idée nous est venue de faire une petite mixtape, histoire de partager les trucs cool qu'on aime écouter depuis quelques temps. Evidemment rien d'exhaustif, au contraire, une vision très subjective, alors n'hésitez pas à évoquer vos autres coups de coeurs.

Voici donc 9 chansons, pour 9 groupes différents, avec du groove, des riffs qui piquent les oreilles, des synthés qui dégoulinent, des rythmiques renversantes et plus encore... Et comme on est des coquins on a mis en bonus un pseudo "hidden track".

Enjoy !




Track list :

1.Royal Headache "Never again" (RIP Society)
3.UV Race "Inner north" (In the Red)
4.Total Control "One more tonight" (Iron Lung records)
5.Pond "Fantastic explosion of time" (Modular)
7.Twerps "Dreamin" (Underwater People)
8.Frowning Clouds "Time Wastin' Woman" (Saturno records)
9.Straight Arrows "Bad Temper" (Rice is nice)


Punching Joe

vendredi 13 avril 2012

Woollen Kits, s/t LP



Les magazines ont beau essayé de nous faire croire le contraire, on le sait bien, le rock ce n’est pas du sérieux. Et les 3 membres de Woollen Kits l’ont bien compris. Sorti sur l’excellent label RIP Society (Royal Headache) et produit par Mikey Young d’Eddy Current Suppression Ring, leur premier LP séduit par un indie-rock déglingué qui sent bon la glande. 

Comme pour tous les groupes venus d’Australie on pourrait partir dans des métaphores sur le surf, l’océan et le soleil…Erreur. Les mecs de Woollen Kits doivent plutôt être du genre à garder leur jean sur la plage et à se taper des bières tièdes en se foutant de la gueule des gravures de mode qui font mumuse sur les rouleaux. Comment pourrait-il en être autrement quand on écrit une chanson aussi lascive que "I love you" ? Un seul mot d’ordre ici donc : relax.

Le clip de "Out of Whack"

Et question je m’en foutisme élevé au rang d’art, les Woollent Kits en connaissent semble-t-il  un rayon. Pavement, Modern Lovers, the Clean ou encore Beat Happening, autant d’ainés plus que respectables qui font irruption dans les compositions du trio originaire de Melbourne. Les riffs sont délicieusement basiques et noisy ("Sloan") et les refrains, cons comme la lune, à base de na na na na, restent immédiatement en tête (le fabuleux petit tube "University Narcolepsy"). En revenant à des choses simples les Woollen Kits parviennent à écrire de superbes chansons catchy et rock’n’roll, que l’on aime fredonner à longueur de journée en dandinant mollement le cou. Comme "Out of Whack" par exemple, sorte de cousin comateux de "Which way to go" de Eddy Current Suppression Ring ou encore "For You" toute de swing vêtue. Mais attention,  ils sont aussi capables de belles envolées, comme avec la pépite indie-pop "Always" qui nous scotche sous un déluge de guitares. 

Peut-être que ce disque s’adresse trop précisément à mon éternelle âme d’étudiant glandu et que je m’emballe un peu, mais n’empêche, c’est un des meilleurs trucs que j’ai entendu depuis ce début d’année et la bête n’est pas prête de quitter ma platine de si tôt…University Narcolepsy, Na na na na na…

vendredi 16 mars 2012

Royal Headache, s/t LP



A l’écoute d’un disque de garage, de punk ou de tout autre sous-genre rock’n’rollesque, on ne prête pas forcément une attention démesurée au chant. Au pire c’est un accessoire, au mieux un petit plus. Pourtant quand un grand vocaliste fait irruption, on comprend que sa seule présence peut transformer un bon disque en œuvre géniale. C’est un peu le cas avec le premier LP des australiens Royal Headache. Si leurs chansons,  mélangeant power-pop et punk, sont excellentes, elles prennent une autre dimension grâce à un certain Shogun, qui bouffe le mic avec un charisme incroyable. 
Sorti en 2011 sur R.I.P Society (Woollen Kits, Straight Arrows), on a découvert récemment le disque grâce au label français XVIII Records, chargé de distribuer la bête dans nos contrées. Et sur le papier le menu est alléchant : 12 chansons, à peine 30 minutes, le tout sous l’égide de Mikey Young (Eddy Current Suppression Ring) et Owen Penglis (Straight Arrows) à la production. Banco !

Les premières écoutes peuvent laisser perplexe : ça va vite, très vite, trop vite ? Une rickenbacker virevoltante met les radars dans le rouge. Un instant, on soupçonnerait presque une réincarnation de Jay Reatard. Heureusement, quand le palpitant se calme et que le cerveau finit par comprendre ce qui lui arrive, la musique de Royal Headache se déploie dans toute sa splendeur. Aussi concises et fulgurantes soient-elles, leurs chansons sont d’une fluidité incroyable. On croirait entendre Is this It des Strokes joué en 45 tours par minute ("Surprise") avec la section rythmique des Eddy Current Suppression Ring. Solide.

"Pity" live 
(Shogun ou l'anti-hipster)

Difficile de réduire le disque à un genre unique tant les compositions dévoilent petit à petit leurs multiples facettes. La face A fait la part belle au punk qui sent bon des aisselles ("Never again") et à la power-pop qui claque ("Girls"), tandis  que la face B s’oriente vers la pop anglaise ("Distant and vague"), le garage ("Pity") ou encore le surf ("Wilson street"). Le tout sublimé par ce fameux Shogun. Son timbre singulier, quelque part entre la délicatesse râpeuse de Julian Casablancas et les intonations désuètes de Morrissey, ne fera sans doute pas l’unanimité mais tout de même, voilà un type au charisme vocal bluffant ! Libres, brutales, démodées, touchantes, chacune de ses éructations, à la sincérité incontestable, donne épaisseur et fougue à cet album déjà indomptable.

Première grosse claque de l’année ce LP de Royal Headache ne devrait pas prendre la poussière de si tôt. Rares sont les disques qui provoquent une telle sensation de plénitude et marient si facilement l’urgence punk et vrai grand chanteur. Pas évident en effet de mettre de l’âme là où l’instantané prime. En ce sens il est impossible de ne pas penser aux sublimes Undertones, desquels Royal Headache se rapproche naturellement. Ouais, la classe on vous dit.
Punching Joe